juil 20

Il ya quelques jours, alors que nous étions au village St Jean, en plein chantier de reboisement, nous avons eu la visite de Monsieur Adama Cissé, journaliste correspondant régional du principal quotidien national Sidwaya.

Il a passé la journée avec nous, très à l’écoute et en nous bombardant de questions intéressantes qui témoignaient de son intérêt pour le projet et surtout de son implication pour le développement de sa région. Nous avons été très touché par cette rencontre d’un journaliste aussi engagé sur le terrain. Dans les conditions de l’exercice difficile de cette profession, il s’est montré d’un exceptionnel professionnalisme.

Quelques jours plus tard, dans l’édition nationale du lundi 19 Juin,  nous avons eu le plaisir de trouver deux articles en pleine page dans la rubrique des régionales du quotidien.

Voici le premier article extrait du site internet du journal : http://www.sidwaya.bf/spip.php?rubrique194

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juil 18

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Depuis quelques années l’Orange Bleue Afrique reçoit des jeunes stagiaires qui peuvent être universitaires ou wwoofers (un réseau mondial de jeunes désirant séjourner dans des fermes bio ou des projets écologiques en échange de coups de main). Ils sont directement impliqués dans l’aventure de l’Aurovillage et sont les pionniers du  Centre écologique international qui est en train de voir le jour. Créer une forêt en plein sahel, produire des tonnes de compost, apprendre le maraichage bio aux femmes du village, construire en terre un complexe résidentiel et technique, sauvegarder la faune et la flore, lancer des filières bio équitables, inventer de nouvelles ressources, créer une monnaie locale… Une aventure qui permet, au coeur d’un petit village sahélien, d’entrer de plein pied dans les défis majeurs de notre temps

Ces jeunes apportent leur dynamisme, leurs questionnements intéressants, une participation souvent remarquable, et peuvent être à l’initiative de projets comme l’américaine Halie Kampmann avec son association “Beads for development”, initiée avec les femmes de St Jean.

Pour soutenir la venue croissante des stagiaires, un blog est en train de voir le jour. Il comprend des éléments qui peuvent faciliter leur séjour, des chroniques, des conseils, le livret des stagiaires en téléchargement (bientôt en anglais ! grâce à Jo Pain), et bientôt des témoignages directs !

Que tous les stagiaires pionniers qui ont participé à cette histoire dans les conditions difficiles du début et qui ont permis l’avancée actuelle soient remerciés ! Ce blog sera aussi une manière de leur rendre hommage !

Le lien : stagiaires-aurovillage

juil 17

La base de notre travail repose sur plusieurs piliers :

L’action Terra Preta consiste à régénérer intégralement l’écosystème par la création de forêts ! Et donc régénérer les sols et produire des substrats concentrés, non seulement pour planter mais pour transformer ces sols. Evidemment, il ne s’agit pas de plantations massives de deux ou trois essences. Tout en s’appuyant sur 50% d’arbres et arbustes locaux, la régénération de l’écosystème passe par une grande diversité d’essences, voir des réimplantations de variétés d’arbres disparus. Nous comptons produire des tonnes de compost et régénérer la centaine d’hectares de la zone du village St Jean le plus rapidement possible. Face à la vitesse de dégradation, nous sommes sur le registre de l’urgence.

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Boubacar Congo, notre pépiniériste et Joe Pain, stagiaire, dans la pépinière - Juillet 2010
On voit à droite les centaines de plants de kapokiers.

L’urgence ne doit pas nous enfermer dans une perspective technique. Notre approche est intégrale et vivante. Le compost Terra Preta ne doit pas être perçu comme un support neutre et passif, mais comme une matière vivante. Sa composition originale à base de végétaux, de fumiers, de bris de poterie, de charbon de bois, dont la transformation est catalysée par des cornes et des spirales de cuivre nous permet de réaliser une base exceptionnellement riche et concentrée, activée de forces électromagnétiques et telluriques.

C’est pourquoi la préparation du compost Terra Preta est un Art.  J’explique aux participants que le triturer des mains, le brasser, le malaxer est une composante importante de son activation. La terre est un support sensible et les processus activés dans le compost en préparation sont récepteurs des influences et des vibrations de l’environnement. Les sentiments de gratitude, de bienveillance, de reconnaissance, d’unité sont des états qui se communiquent au substrat vivant. Faire du compost Terra Preta c’est communiquer avec la terre. Nous la fécondons ainsi avec notre état vibratoire. Nous collaborons à l’avènement du matière consciente, laquelle collaborera avec nous. Nous créerons ainsi une forêt, régénérerons les sols, lesquels à leur tour nous protègeront et nous nourriront.

La permaculture nous appelle à considérer l’écosystème dans son intégralité. L’animal y joue un rôle majeur. Avec Panchagaya nous intégrons l’animal, en l’occurence les bovins, comme une composante majeure dans la régénération et le soin de la terre. La préparation Panchagaya prend son origine dans la tradition ayurvédique indienne. Elle est en première ligne dans l’essor de l’agriculture biologique en Inde pour laquelle elle constitue une préparation simple et accessible à tous les paysans. Elle se présente comme un préparat liquide naturel à base de sous-produits des bovins comme le lait, l’urine, le fumier, lesquels combinés à d’autres éléments (plantes, sucres de fruits…) sont mis en fermentation durant plusieurs mois. Une fois arrivé à maturité le préparat est utilisé comme un complexe à la fois équilibrant des sols, fertilisant des plantes, dynamisateur de l’immunité végétale, insecticide et fongicide. La pratique du Panchagaya est opérée en partenariat avec une ferme pilote du sud de l’Inde, à Pondichery.

babudas Notre ami Babudas nous montre le brassage du Panchagaya, ou Panchagavya,
dans sa ferme organique de 40 hectares aux environs de Pondicherry, en Inde.

Le Mouvement Sénéwé : produire ensemble des visions qui soient des leviers de changement. On peut faire tous les compost que l’on veut et planter des arbres par milliers. Au coeur de tout cela ce sont les hommes qu’il faut mobiliser. En se promenant actuellement au Burkina faso on repère aisément les bosquets de neem et d’eucalyptus plantés durant la révolution sankariste des années 80. Depuis plus rien. Nombre de ces bosquets sont coupés, taillés sauvagement. Un vrai gâchis. Le Mouvement Sénéwé vise à mobiliser non pas par le biais d’une idéologie, d’une opportunité de financement colatéral comme c’est souvent le cas, mais en invoquant le mouvement créateur qui est au coeur de chaque être humain. Eveillée et stimulée cette énergie est une puissante inspiratrice, qui peut produire des capacités de visions collectives et inventer les ressources pour réaliser les changements qui apportent plus d’épanouissement, plus de responsabilité et de dignité.

Ce sont là quelques lignes qui donnent une idée de notre action Aurovillage : produire une nouvelle vision du possible. En commençant par créer une forêt pour changer la donne concrètement à une certaine échelle, en mettant en oeuvre une approche et une stratégie transversales ouvertes à tous les savoirs traditionnels et contemporains. Une alliance renouvelée avec le monde naturel, une dynamique interculturelle co-créative forte de la diversité des protagonistes, une inspiration universaliste catalysatrice de sens.

juil 16

Une terre malade

Il suffit de parcourir du regard l’environnement dégradé sahélien pour convenir que non seulement le sol est pauvre, mais également malade : on découvre partout une terre déboisée aux rendements agricoles faibles, à la couche arable précaire et souvent emportée par les eaux, aux arbres torturés qui peinent à survivre aux agressions permanentes des chèvres et des bovins…

Certes il existe des poches de terre arable, des bas-fonds fertiles, et ce n’est pas le moindre des plaisirs de voir apparaître dès les premières pluies une belle prairie d’herbacées, des myriades d’insectes, d’oiseaux et de papillons. Mais le rideau retombe vite sur cette illusion de renaissance. L’accablement des mois caniculaires reviendra inéluctablement avec les paysages jaunis et une flore cuite sur pied par la fournaise d’un soleil indifférent au sort des vivants. Les pluies soudaines et fortes, si elles auront redonné des couleurs auront aussi emporté quelques millions de mètres cube de terre arable, creusé des ravines, approfondi la plaie. Les récoltes certes seront là, mais dès octobre, le ciel rappellera ses nuages et les renfermera dans son coffre pour huit mois d’un interminable stress hydrique !

Petit à petit, après l’euphorie des pluies, les constats deviendront visibles : tels champs sont devenus moins productifs, le marigot s’assèche  plus rapidement, l’eau est moins abondante dans les puits, l’érosion a creusé de nouvelles ravines, certains arbres disparaissent…Si les arbres commencent à fuir, c’est qu’un jour les hommes ne tarderont pas…

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Des solutions minimalistes

Comme pas mal de familiers de l’Afrique sub-saharienne, en particulier des zones arides, je connais le potentiel de ce qu’on peut y faire. J’ai eu à découvrir ça et là de vrais jardiniers du miracle, souvent de vieux bonhommes isolés, capables sur quelques centaines de mètres carrés et un point d’eau de créer de vrais petits paradis. Environnés de paysages désolés, ils ont su clôturer un coin et l’entretenir, y produire des citrons, des goyaviers, des manguiers…. S’ils peuvent produire un tel biotope sur quelques centaines de mètres carrés, pourquoi ne pas étendre l’application à l’échelle d’un terroir ?

Pourquoi depuis ces décennies d’appuis et d’aides n’émerge-t-il pas d’oasis de fertilité et de prospérité dans ce sahel dont chaque saison des pluies nous rappelle le potentiel de vitalité ? Je me souviens du temps où j’étais volontaire avec Pierre Rabhi à Gorom Gorom. Il avait une approche pionnière du compostage, mais souvent dans une perspective minimaliste, localisée au jardin et aux cultures. Pierre Rabhi a une vision agro-écologique, mais il lui manque un peu du souffle anglosaxon de l’ambitieuse permaculture. Voir plus global et envisager des opérations de changement à plus grande échelle.  Les action agroécologiques “traditionnelles” pâtissent ainsi par leur micro-échelon militant axée sur le paysan, sans s’appuyer, dans le même temps, sur des leviers collectifs et transversaux qui ensemble peuvent permettre d’élargir le possible. Rendons hommage à ces pionniers et creusons, en l’élargissant,  le sillon qu’ils ont ouvert avec tant d’engagement et de noblesse.

Les plans de développement locaux produits par les collectivités locales témoignent du manque d’ambition qui frappe la contrée. Pourquoi aucune ville du Sahel ne s’est-elle engagée dans l’idée d’une ville verte pilote ? Intériorisé par les experts et les techniciens, une sorte d’inhibition mimétique se transmet de cercles en cercles jusqu’au groupements paysans qui n’ont souvent pour vision prospective qu’une précaire aspiration à survivre moins durement ! Et à récolter quelques mini-miettes des financements que se réservent ceux qui ont le privilège d’avoir accès aux bailleurs !

Inventer une autre éco-vision

Il manque à tout cela une perspective plus ample et plus ambitieuse. Je repense à cette approche restauratrice globale que j’ai trouvé dans les Kibboutzs israëliens et dans des projets pionniers comme Auroville en Inde. Où l’on a commencé par la création d’une forêt.

Il faut une éco-vision ambitieuse pour penser une nouvelle prospérité verte pour le sahel. Cette vision doit s’ancrer sur des réalisations locales d’une certaine échelle, et d’abord des campagnes intensives de régénération des sols et de reforestation.

Pour notre part nous allons emprunter à la permaculture sa compréhension globale, à la biodynamie la relation partenariale d’alliance avec la nature, à l’agrobio intensive son efficacité productive. Et impulser des éco-dynamiques vivantes, des écosystèmes régénérateurs à grande échelle pour permettre aux gens d’améliorer leurs conditions de vie et d’agir avec plus de pouvoir sur leur destin et leur histoire.

juil 16

Terra Preta - suite

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daniel

Le stagiaire américain Daniel Cohen, prépare les composts - Juin 2010
On le voit ici charger le charbon de bois.

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Dans les profondeurs du compost en formation. On distingue les couches
et la présence importante du charbon de bois.

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Cornes, copeaux de poterie, charbon de bois, fil de cuivre…
Aza, gardien et jardinier du Centre est devenu un spécialiste du compost Terra Preta !

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Jo Pain, stagiaire de l’Université de Toulouse, participe au premier retournement
et enrichissement des composts Terra Preta.

mai 8
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C’est plus de 12000 plants qui vont être produits ce mois d’Avril pour être plantés sur le site en Juillet-Août. Le projet Terra Preta Sahel va reboiser tout le terroir avec plus de 50 000 arbres, en vue de créer une forêt originale composée à 50% d’essences locales et 50% d’apports inédits d’arbres originaires du Sud mais que l’on trouvait dans la zone il y a un demi siècle : kolatiers, kapokiers, roniers…

Un travail intensif de restauration des sols et de production massive de plusieurs tonnes de compost activé Terra Preta (matière organique, fumier, terre, poudre de termitière, cendres, charbon de bois, bris de poterie, cornes et os) permettra de régénérer exemplairement la zone et de changer son micro-climat. Quel défi passionnant !

mai 8

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Les fileuses de Nouna nous remettent le coton qu’elles ont filé en groupe depuis trois mois… Le filage du coton est une tradition qui se perd. Une formation est prévue pour l’an prochain au village St Jean pour remettre à jour cet art ancestral et le mettre à la portée des nouvelles générations.

A partir de ce coton filé, le groupement des femmes de St Jean s’engagera dans une formation en tissage, et produira des ouvrages que nous commercialiseront sur place et en France pour soutenir les activités et générer des revenus pour les villageoises.

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mai 7

formation-caisse-apargne-cradit-soja-reduitAimé Kiénou, intervenant sur la formation et membre de l’équipe de l’Orange Bleue Afrique Burkina

Un premier atelier de formation, qui a réuni les représentants de groupement de producteurs de 6 villages  s’est déroulé les 27 et 28 Mars 2010 avec pour thème principal la création d’une Caisse d’Epargne et de Crédit.
Il s’est agit dans un premier temps d’une formation de base sur les mécanismes du micro-crédit et sur les outils à maitriser pour une bonne tenue des caisses des groupements.
Un moment intéressant de partage s’est engagé sur la question de la monnaie. D’où vient-elle, qui la crée ? Après quelques instants de perplexité générale la question a fait son chemin, a permis de rebondir sur d’autres questions et  de poser les bases d’un prochain travail sur la création de monnaie locale.

dscf3386Exercices !

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Avec les présidents des groupements

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Les représentants de producteurs en formation et l’équipe de l’Orange Bleue Afrique.
Le nom choisi de la Caisse est Sababouyouma : “ensemble saisissons les opportunités !”

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